Pompon le cheval et le corbillard

C’est l’histoire de Pompon, le cheval qui tirait le cor­billard dans nos communes, avant et après guerre, jusqu’en 1962.

À Cheverny et Cour-Cheverny, une prieuse allait de porte en porte pour annoncer les dé­cès, et le garde champêtre diffusait également l’information aux quatre coins des rues.

Chaque saison, par tous les temps, à des heures respectables, ce sont des sorties silen­cieuses pour chaque enterrement…

Le jour de la cérémonie, il fallait habiller Pom­pon de son manteau noir brodé et lui cirer les sabots avec du cirage noir. On s’acheminait ensuite vers la grange près de l’église où était remisé le corbillard, puis au domicile du défunt. Pompon appréciait ces cérémonies, et attendait avec impatience ces sorties au cimetière…

Pierre Gaveau
Mais un jour arriva où son maître, Pierre Gaveau, conducteur du corbillard jusqu’en 1962, décéda. Pierre Gaveau était « roulier » de métier : il trans­portait le bois depuis la forêt jusque chez les par­ticuliers ou dans les entreprises. Pompon condui­sit son maître à sa dernière demeure. Ensuite, plus de sorties ni de cérémonies pour Pompon…

Un jour, le portillon de la cour étant ouvert, Pompon se rendit tout seul au cimetière, sans doute pour saluer son maître et se souvenir de ces sorties qu’il appréciait tant.

Pompon vécut ensuite des jours heureux dans une ferme du village.

Souvenirs familiaux de Ber­nadette Gaveau, belle-fille de Pierre Gaveau, habitante de Cour-Cheverny.

La Grenouille n°33 - Octobre 2016