Quand chacun prêchait pour sa paroisse

Plusieurs châteaux situés sur nos deux communes comportent des chapelles privées qui ont été construites, par leurs propriétaires de l’époque, au XIXe s. Certaines peuvent être visitées et, notamment, celle du château du Breuil qui a été récemment restaurée par ses propriétaires, ainsi que celle de Troussay dans le cadre de la visite du château. 

L'oratoire du château de Troussay
(photo Christophe Apatie)
La chapelle (ou l’oratoire) rattachée à un domaine privé se définit à l’origine comme une « église non pourvue des pleins droits paroissiaux ». La construction d’une chapelle (ou sa consécration si elle existait déjà) était soumise au droit canon (1) (encore de nos jours).
 Il est possible de consulter aux archives diocésaines de Blois les courriers échangés au XIXe s. et au début du XXe s. entre l’évêque de Blois, certains propriétaires de châteaux et les curés des paroisses de Cheverny et Cour- Cheverny. Ces correspondances concernent, soit l’autorisation de construire une chapelle et ensuite d’y faire dire la messe, soit de faire dire la messe dans l’oratoire existant. Elles concernent également la polémique qui est survenue à l’époque entre les curés des paroisses et les châtelains. 

La chapelle du château du Breuil
Les autorisations étaient limitées et soumises à des règles strictes 
Les trois châteaux concernés sur la paroisse de Cheverny sont ceux de Soucinia (ou Soucy n’y a), du Breuil et de Troussay. 
Les archives nous révèlent que les autorisations, étant accordées à titre personnel et pour une durée limitée, devaient être renouvelées à l’expiration du délai ou en cas de changement de propriétaire. C’est ainsi que pour l’oratoire du château de Soucinia, la propriétaire de l’époque a fait une demande de renouvellement de l’autorisation accordée aux précédents propriétaires pour célébrer la messe dans la chapelle du château (concession accordée en date du 26 octobre 1878).
Autre exemple : le propriétaire du château du Breuil demande à l’évêque, en 1871, pour lui même et sa famille, l’autorisation de « faire célébrer le Saint sacrifice de la messe » dans l’oratoire privé de son château. C’est par une indult (2 ) en date du 28 juillet 1871 que le Pape Pie IX, conformément au droit canon, accorde la faculté de faire célébrer une seule messe par jour, excepté les fêtes de Noël, Pâques, l’Assomption et du Patron [principal du lieu], de leurs parents et alliés habitant avec eux, de leurs hôtes et domestiques ainsi que de leurs fermiers et de recevoir la Sainte communion à ladite messe. L’évêque accorde alors la concession au bas de l’indult.

À Cour-Cheverny, ce sont les châteaux de la Borde, de Sérigny, de Beaumont et de Pontchardon qui possédaient une chapelle.
La chapelle du château de La Borde a été transformée au XXe s. en bibliothèque à l’usage des résidents et l’ancienne chapelle du château de Pontchardon a été transférée du bâtiment principal dans les communs où se trouve maintenant la nouvelle chapelle Notre- Dame-de-Compassion. C’est la seule chapelle où la messe est encore célébrée régulièrement de nos jours, en semaine et le dimanche, par les moines du couvent Saint-Bonaventure qui occupent le domaine.

Au XIXe s., certains propriétaires de châteaux ne manquaient pas d’arguments pour convaincre les autorités ecclésiastiques de construire ou de consacrer une chapelle. C’est ainsi que Monsieur Bégé, propriétaire du château de La Borde, écrivait le 8 septembre 1871 à l’évêque de Blois : 
« La distance où nous sommes de l’église est de 3 380 m. La santé de madame Bégé est très mauvaise : aussi lui arrive-t-il souvent de ne pouvoir supporter la voiture et de manquer la messe. Il arrive aussi que la difficulté de faire conduire les enfants à une pareille distance fait manquer la messe à plusieurs des serviteurs de la maison. Nous sommes assez nombreux à La Borde, environ 22 maîtres et domestiques. Si votre grandeur m’accorde l’autorisation que je sollicite, la chapelle sera assez grande pour contenir trente six personnes... ». 
La demande faite le 8 septembre 1871 reçut une réponse favorable comme l’atteste la lettre adressée le 16 septembre 1871 par l’évêque au curé de Cour-Cheverrny en le chargeant d’en informer Monsieur Bégé.
 C’est dans un courrier du 23 août 1872 que le curé de la paroisse de Cour-Cheverny informe l’évêque de la fin de la construction de la chapelle : « ...qui n’attend plus que la bénédiction nécessaire pour que les Saints mystères puissent y être célébrés tous les jours de la semaine et le dimanche par l’ecclésiastique chargé d’instruire les enfants de la maison... » (bénédiction de la chapelle le 28 août). Par ailleurs le curé poursuit dans son courrier : «... plus tard on demandera très probablement à votre grandeur l’autorisation d’offrir dans cette chapelle le Saint sacrifice les jours des grandes fêtes. Je regretterais vivement Monseigneur que cette autorisation fut accordée. Je le regretterais pour plusieurs graves raisons qu’il serait trop long de détailler ici mais que je pourrais vous donner dans la suite, de vive voix ou par écrit, si vous le désirez.. » 
Signé Guillon, curé de Cour-Cheverny

Quelles étaient donc ces graves raisons invoquées par le curé de Cour-Cheverny ? La réponse se trouve dans un courrier du curé de Cheverny à l’evêque en 1904.
De fait, la demande d’extension des jours où la messe pourrait être célébrée dans la chapelle sera formulée par monsieur Bégé dans un courrier de quatre pages adressé à l’évêque de Blois le 18 décembre 1879 : 
« La chapelle de La Borde a été construite en 1871… La messe y a été célébrée sans interruption tous les dimanches... et même tous les jours jusqu’au 1er juin 1878 par le précepteur de mes enfants… Depuis lors, Monsieur le curé de Tour en Sologne a bien voulu nous prêter son ministère… c’est vous dire, Monseigneur, que des habitudes sont prises dans la maison et dans le voisinage et que l’assistance est toujours le dimanche de 25 à 30 personnes (il y a 40 places). 
La chapelle du château
du Breuil
La permission de célébrer les Saints mystères nous a été octroyée par votre vénéré prédécesseur... sous l’exception de la Toussaint, de Noël, de l’Épiphanie, de Pâques, de l’Ascension, de la Pentecôte, de la fête du Saint-Sacrement de l’Assomption, de la fête de Saint-Louis et de la fête patronale de Cour-Cheverny… L’objet de la requête que je présente humblement à votre grandeur est de réduire le nombre des fêtes réservées dans la mesure qu’elle jugera convenable et de la limiter, si c’est possible, aux quatre grandes fêtes de la Toussaint, de Noël, de l’Ascension et de l’Assomption... ».
Dans cette lettre, outre les arguments déjà évoqués dans la lettre sollicitant la construction de la chapelle, monsieur Bégé ajoute : 
«… Enfin il y a la ferme aux personnels nombreux que les soins à donner aux bestiaux éloignent toujours de la messe de huit heures et que la nécessité de garder la ferme retient en partie à l’heure de la grand messe, mais qui vient habituellement à la messe de neuf heures parce que cette heure est commode et que la chapelle est proche… C’est au nom de tous fidèles que j’élève la voix jusqu’à vous Monseigneur et en vous priant de leur faciliter les moyens d’entendre la messe aux jours réservés jusqu’à présent… ».

Les inquiétudes 
Comme le laisse supposer le courrier du curé de Cour-Cheverny du 23 août 1872, susciter la fréquentation des chapelles des châteaux n’a pas manqué de poser des problèmes aux curés des paroisses concernées car, de fait, les églises paroissiales se trouvèrent désertées par les fidèles au profit des chapelles privées. 
Le courrier adressé par le curé de Cheverny à l’évêque de Blois le 3 octobre 1904 confirme ce manque de fréquentation et son inquiétude: «....Monseigneur, dans les brefs (3) qui autorisent les messes dans les chapelles privées il y a ces mots : « hospitibur et familis, nec non accolir et agricolir. » Par accolir (4) il y a des personnes qui comprennent les voisins de un, deux kilomètres et même plus. Nous avons à Cheverny trois de ces chapelles, si chacune d’elle peut rayonner ainsi, l’église paroissiale ne sera bientôt plus nécessaire. 
Nous serions reconnaissant à votre grandeur, Monseigneur de bien vouloir nous dire ce qu’il faut comprendre surtout par accolir et agricolir, à quelle distance s’étend le privilège que chacun tend à élargir à sa guise. La chapelle privée n’exempte pas les maisons qui en ont le privilège du devoir de se faire toujours représenter à la messe paroissiale. Excepté les de Vibraye, personne n’y pense...Si Monseigneur daigne me répondre, je lui serais également très reconnaissant de vouloir bien joindre un avis rappelant ce devoir... 
J. Barbier curé de Cheverny ». 

Voilà l’histoire des querelles de chapelles de nos villages qui n’ont plus lieu d’être de nos jours mais qui reflètent une autre manière de vivre et un autre rapport à la religion dans le quotidien, il y a un peu plus d’un siècle. Le Héron 

Note : 
Lorsqu’il n’y avait pas d’ecclésiastique (précepteur des enfants) attaché à leur maison, les châtelains faisaient appel aux curés des paroisses environnantes. C’est ainsi que le curé de Fougères-sur-Bièvre venait dire la messe au Breuil et celui de Tour-en-Sologne à La Borde. Dans un courrier adressé à son évêque, le curé de Cheverny se plaint de cette situation à propos de l’intervention du curé de Fougères qu’il estime « anormale ». 

(1) - Canon 1228 : la permission de l’Ordinaire du lieu est requise pour célébrer la messe et accomplir les autres fonctions sacrées dans une chapelle privée. - Canon 1229 : Il convient que les oratoires et les chapelles privées soient bénis selon le rite prescrit dans les livres liturgiques. Ils doivent cependant être réservés uniquement au culte divin et libres de tout usage domestique 
(2) l’indult : (en latin : indultum) en droit canonique, est une dérogation à la loi (ou privilège) accordée par le pape ou le Saint- Siège, qui dispense du droit commun de l’Église catholique, soit à une communauté de fidèles, soit à un particulier. 
(3) Bref : En droit canonique il s’agit d’une lettre émanant du pape ou de la Pénitencerie, plus courte que la bulle et rédigée sans préambule. 
(4) Accolir : accueillir. Sources : Archives diocésaines de Blois et TLFi (Trésor de la langue française informatique).

Le Héron  - La Grenouille n°36 - Juillet 2017hapelle 

Michel Pasquier, un collectionneur hors du commun

Collectionneur par hasard… 

Dans un entretien en 2013, le Musée de Sologne a recueilli le témoignage de Michel Pasquier qui raconte sa passion. 

Michel Pasquier à son domicile de Cour-Cheverny
en 2013, devant le portrait d'Alexandre Bigot.
Au mur (à gauche), les photos de la véranda
de la maison du céramiste, à Mer.
C’est au hasard d’une promenade qu’il a un jour visité avec des amis une petite exposition à La Borne, village de potiers dans le Cher, qui présentait une trentaine de briques estampillées, réunies par un collectionneur local. Cette visite lui a donné l’envie de faire de même, et il a commencé à collectionner les briques, récoltées dans différents lieux, sa profession l’amenant à se déplacer fréquemment… Il les « ramassait à droite à gauche » et, très occupé professionnellement, il les entassait dans un coin : 10, 20, 30 briques au bout d’un an, puis 100, trouvées principalement dans le Loir-et-Cher, puis au fil des années dans la région, la France et finalement aux quatre coins du monde... C’est ainsi que, vingt ans plus tard, il en avait réuni plus de 4 000 … 
Au début, ses « récoltes » se faisaient souvent sur des chantiers de démolition, puis des amis lui en ont apporté, puis il a pratiqué des échanges avec des collectionneurs (notamment avec un collectionneur anglais), participé à des bourses d’échanges, etc. Il faisait partie du Rotary Club et de l’association des Amis du Musée de Sologne (dont il a été le président) et avait beaucoup d’amis. Toutes les personnes de sa connaissance étaient chargées de ramener des briques de leurs voyages à l’étranger… 
Il ne collectionnait que les briques estampillées : celles-ci comportent la marque du briquetier (artisan ou industriel) et parfois le nom du village et du département d’origine. C’est ainsi que le briquetier faisait sa publicité. Avec ces marques de fabrique, la collection permet de voyager dans le temps et dans l’espace, et de découvrir parfois la trace de briqueteries aujourd’hui disparues et oubliées… 
On pourrait écrire des pages entières pour évoquer ces briques : celles estampillées « AP » (Administration pénitentiaire) fabriquées par les bagnards de Cayenne, ou celles trouvées à Gièvres, fabriquées aux USA et importées en France par l’armée américaine pendant la première guerre mondiale pour la construction des bâtiments des immenses camps militaires installés dans la vallée du Cher. Il y a aussi les briques sur lesquelles sont gravés des textes (une déclaration d’amour, des décomptes d’heures travaillées, ou une revendication d’un salarié de la briqueterie…) ou parfois la trace de patte d’un chat, d’un chien ou d’un oiseau venu se poser sur la brique en cours de séchage… 

Frédéric et Antoine Pasquier, deux de ses fils, se souviennent 
« Nous avons vu la maison familiale se remplir progressivement de briques. Notre père avait toujours quelques outils dans sa voiture, notamment une massette et un pic, ça pouvait toujours servir sur des chantiers de démolition… Il a eu l’occasion d’entrer en contact avec de nombreux collectionneurs, parfois à l’autre bout du monde, en Australie ou en Nouvelle Zélande… Les échanges n’étaient pas toujours faciles, la brique n’étant pas l’objet idéal à échanger par courrier… I
l lui a parfois fallu négocier longuement pour acquérir des pièces auprès de leurs propriétaires, mais il avait un certain pouvoir de persuasion… » 
Antoine se souvient aussi d’avoir été sermonné pour être revenu d’un voyage à Barcelone sans aucune brique dans ses valises... et du voyage à Rugby en Angleterre avec son père, avec une centaine de kilos de briques dans la voiture à l’aller et, bien sûr, l’équivalent au retour en briques anglaises… 

L’histoire vécue d’une passion 
Monique Leroux, sa compagne (institutrice à Cour-Cheverny pendant 30 ans), nous a évoqué quelques péripéties vécues aux côtés du collectionneur : « Les dimanches après-midi étaient entièrement consacrés à la recherche de briques dans la région, ou au repérage d’anciennes tuileries désaffectées. Michel se promenait toujours le nez en l’air, pour admirer les toitures ou les façades décorées, y compris en conduisant, ce qui n’était pas très rassurant… J’ai moi-même été contaminée par ce virus… et observe beaucoup les constructions : on y trouve souvent des éléments très intéressants. 
Partis un jour à Saint-Émilion pour acheter du vin, nous sommes revenus avec un petit carton de bouteilles, le reste de la voiture étant rempli de briques. 
Il était à l’affût de tout : c’est ainsi qu’il a un jour appris la vente d’une maison de Mer, où avait habité le célèbre céramiste Alexandre Bigot et où était installée la fameuse « frise aux souris » dans une véranda dont les acheteurs envisageaient la démolition… Heureusement, Michel est intervenu et a pu sauvegarder cet ouvrage exceptionnel ». 
Arrivé à la retraite, Michel a pu commencer à trier ses briques et à les installer chez lui dans des présentoirs adaptés. Cela lui a permis de faire visiter sa collection à ses amis ou à des groupes (associations, etc.) pour des visites guidées auxquelles je participais. C’est à cette époque qu’il a élargi le champ de sa collection, en s’intéressant aux objets de décoration intérieure et extérieure en céramique, et à réunir une très importante documentation (historique, technique…) qui constitue une mémoire unique de cette industrie »
Sa relation avec le Musée de Sologne l’a amené à diversifier et approfondir ses recherches et à donner à sa collection une dimension très élaborée… Cela lui a également permis de donner un sens à sa passion, en mesurant le réel intérêt de sa collection qui participait à la sauvegarde du patrimoine, et envisager sa pérennité… 

Une trace de notre passé artisanal et industriel 
Michel Pasquier avait créé un abattoir de porcs dans les années 70 à Contres. Sa modestie et son humour l’amenaient à déclarer qu’il était « diplômé de Sciences porc »… ; il aurait pu aussi se déclarer brickostampaphile, puisque c’est ainsi que sont désignés les collectionneurs de briques estampillées, mais aussi céramologue, et même historien, car grâce à lui, c’est tout un passé industriel et artisanal régional, national et mondial dont la mémoire a été conservée et portée à la connaissance des générations futures. 

Merci à Frédéric et Antoine Pasquier, et à Monique Leroux d’avoir confié leurs souvenirs à La Grenouille, et de les partager ainsi avec ses lecteurs. Michel Pasquier à son domicile de Cour-Cheverny (en 2013), devant le portrait d’ Alexandre Bigot. Au mur (à gauche), les photos de la véranda de la maison du céramiste, à Mer. 

La Collection Pasquier "Céra Brique" à Romorantin

Céra'Brique
La Grenouille a rencontré plusieurs membres du musée de Sologne et de l’association « Les Amis du musée de Sologne » qui lui ont évoqué la création de l’exposition « Céra’Brique » qui abrite désormais tout ce qu’a rassemblé Michel Pasquier. 

Une partie de la collection a d’abord fait l’objet d’une exposition temporaire en 2013 au Musée de Sologne, qui a permis de donner au public un aperçu de cette collection exceptionnelle. 

La mise en valeur d’un trésor 
Aujourd’hui, c’est à « l’Espace Normant » que la collection « Céra’Brique » est exposée. C’est le site de l’ancienne usine de textile Normant (fermée en 1969) et occupée ensuite par la société Matra jusqu’en 2003. 
Céra'Brique
Ce lieu est aussi dénommé « Le bâtiment Hennebique », en référence à l’ingénieur français François Hennebique, qui fut l’un des premiers à déposer des brevets de systèmes de construction en béton armé à la fin du XIXe siècle. 
Cette vaste salle de 4 200 m² est un espace évènementiel, et il abrite désormais en permanence une partie de la collection Pasquier dans de magnifiques vitrines installées en périphérie de cette salle et occupant un linéaire de plus de 150 m. 
On peut y voir, bien sûr, une bonne quantité de briques estampillées : certaines sont incluses dans les maçonneries des supports des vitrines, classées par région, et on peut ainsi découvrir des origines très variées provenant de toute la France et du monde entier. Mais l’exposition nous présente bien d’autres objets… : • des éléments de construction en terre cuite : tuiles, tuiles de rive, tuiles chatières, antéfixes (1), balustres (2), métopes (3), décorations de jardin, briques et tuiles vernissées, carreaux… • une soixantaine de machines et outils de briqueterie ; • des objets de décoration architecturaux en céramique : épis de faîtage, frises, cabochons, frontons, ou de décoration d’intérieur : cheminées, poêles, etc. • des documents (images, maquettes, textes, croquis, etc.) qui nous informent sur l’histoire de cette industrie et des noms qui y sont associés (Perrusson, Loebnitz, Bigot, ...). 

Un projet très élaboré 
L’exposition a été conçue autour de 6 thématiques : 
- l’argile matériau universel ; 
- le savoir-faire du tuilier ; 
- ces briques qui colorent la France ; 
- de la céramique à tous les coins de rue ; 
la céramique, décor d’intérieur et d’exception ; 
- Alexandre Bigot au grès de l’art nouveau (allusion aux grès émaillés que ce célèbre céramiste, originaire de Mer, a utilisés dans de nombreux éléments de décoration). 
Ne sont exposés que 1 000 objets sur les 7 000 (dont 4 000 briques) que compte la collection… le reste est conservé dans des réserves et soigneusement inventorié, pour d’éventuelles recherches ultérieures. 
Michelle Massault et Fadhila Smatel, salariées du Musée de Romorantin, et Yves Auger, tous trois membres de l’association des Amis du Musée de Sologne, ont évoqué pour nous la genèse de cette exposition…. 
« À l’origine, c’est un ami de Michel Pasquier, passionné par les briques et membre de l’association des Amis du Musée de Sologne, qui lui a suggéré d’adhérer à l’association. Quelques années plus tard, Michel Pasquier en est devenu le président, et c’est tout naturellement qu’il a, le moment venu, décidé de vendre sa collection à la ville de Romorantin Lanthenay, qui gère le Musée de Sologne. Sa seule exigence était que cette collection ne soit pas dispersée mais conservée dans un unique lieu. » 
C’est au moment de ce transfert que Julie Brossier-Duclos, muséographe, a intégré le Musée de Sologne et a orchestré dès 2010 toute la mise en valeur de cette collection dans le projet Céra’Brique. 
Vint ensuite la réalisation de l’exposition temporaire en 2013, qui a donné au public un petit aperçu de cet ensemble, en attendant la création de l’exposition permanente. 
Julie a travaillé pendant 10 ans à ce projet muséographique, et une dizaine de bénévoles de l’association des Amis du Musée de Sologne ont participé à la mise en place de l’exposition. 
Ce travail a consisté, entre autre, à inventorier tous les objets de la collection. Puis il a fallu emballer et déménager l’ensemble avec précaution depuis Cour-Cheverny et ce ne fut pas une mince affaire : certains objets étant très lourds (malaxeurs, presses, etc.) et beaucoup d’autres très fragiles… Les 7 000 objets ont ensuite été photographiés, mesurés, numérotés et classés par catégories, en s’appuyant sur une recherche documentaire importante (catalogues des fabricants, cartes postales, photos d’architectures locales, etc.) pour mettre en valeur chaque pièce en vue de l’exposition, dans l’objectif d’une présentation didactique pour chacun d’entre eux. 
Mais un événement a perturbé la réalisation du projet : les inondations de juin 2016 qui ont submergé pendant presque une semaine environ 80 % de la collection... Il a donc fallu ensuite nettoyer, sécher et ré-étiqueter chaque objet, toujours en prenant mille précautions…, travail fastidieux réalisé par une vingtaine de bénévoles très motivés, pendant plus de trois mois. 
Céra'Brique
La réalisation de l’exposition permanente à l’Espace Normant a pris 4 mois, de décembre 2016 à mars 2017. Des professionnels ont construit la structure des vitrines. Ensuite, une dizaine de bénévoles, pilotés par les responsables du Musée de Sologne et avec l’aide des moyens humains et matériels des Services techniques de la ville de Romorantin, ont réalisé un travail très précis de menuiserie, d’agencement, de décoration (pour équiper ces vitrines, disposer et mettre en valeur les objets, machines et maquettes), et de mise en place des panneaux explicatifs.

Le partage d’une passion 
Michel Pasquier à son domicile
de Cour-Cheverny en 2013
Cette exposition a été labellisée « Musée de France » par la Direction des Affaires culturelles de la Région Centre. Elle est unique en France : il existe quelques expositions consacrées à la brique, mais de dimensions plus modestes ; quant aux céramiques décoratives, nulle part ailleurs ne sont réunis autant d’objets de différentes origines constituant un immense témoignage de toute une page de l’industrie et de l’architecture françaises. 
Michel Pasquier est décédé à la maison de retraite de Cour-Cheverny le 23 mars 2017, dans sa 86e année, et n’aura donc pas pu partager le plaisir et l’intérêt que procure au visiteur la présentation de sa collection dont il a patiemment et amoureusement réuni les éléments pendant plus de 20 ans. Mais heureusement, sa passion va maintenant pouvoir profiter à tous à l’Espace Normant. 

L’exposition Céra’Brique a été inaugurée le 8 avril 2017 
Elle est accessible au public lors des évènements culturels programmés à l’Espace Normant et sur demande pour des visites guidées, en groupes de 10 personnes minimum. La visite dure environ 2 heures. 
Les autres modalités d’accès à l’exposition pour les mois à venir ne sont pas encore connues. Elles seront publiées au cours du second semestre 2017 et La Grenouille vous en informera dès que possible. 
Merci au Musée de Sologne et à l’Association des Amis du Musée pour leur accueil et les informations fournies à La Grenouille pour la réalisation de cet article. 

Renseignements : 
Musée de Sologne : tél. 02 54 95 33 66 
museedesologne@romorantin.fr 
www.museedesologne.com 
Facebook : Musée de Sologne et Association les Amis du Musée de Sologne 

(1) Antéfixe : motif placé sur les toits ou corniches d’un édifice à l’extrémité d’une rangée de tuiles. 
(2) Balustre : petite colonne, élément d’ornement de balustrade. 
(3) Métope : panneau architectural de forme rectangulaire, le plus souvent décoré de reliefs.

Le Triton - La Grenouille n°36 - Juillet 2017

Et aussi les faïences...


Michel Pasquier collectionnait aussi les faïences (objets en terre cuite émaillée ou vernissée) et avait réuni des pièces remarquables, d’origines diverses (faïences de Blois, de Gien, d’Orléans, de Nevers, d’Ecuisses, etc.), souvent uniques et de toute beauté. 
Cette collection sera mise en vente le samedi 23 septembre à 14 h chez Maître Pousse-Cornet, 32 avenue du Maréchal Maunoury à Blois. 


La faïence de Blois 

Citons également la parution récente du livre (bilingue français-anglais) « La faïence de Blois 1862 - 1953 », de Martine Tissier de Mallerais, conservateur en chef honoraire du patrimoine. 
Cet ouvrage, illustré par le photographe Michel Berger, nous raconte l’histoire des faïenciers de Blois (Ulysse Besnard, dit Ulysse, Émile Balon, Gaston Bruneau, Josaphat Tortat, Adrien Thibault) et présente de nombreuses photographies de superbes objets : vases, plats, assiettes, pieds de lampe, mais aussi souliers, encriers, et même un violon… Bon nombre d’entre-eux proviennent de la collection de Michel Pasquier. 

Berger M Editions - 39 euros.
En vente en librairie et sur www.bergermeditions.com 



Le camping du Casseux à Cour-Cheverny

Dans le numéro 30 de La Grenouille de janvier 2016, nous avons relaté l’histoire du lavoir de Cour-Cheverny et parlé de l’origine du nom. Pour rappel, les commerçants et habitants du bourg avaient l’autorisation de déposer, à cet endroit, des casseaux de vaisselle, verres et ferrailles, afin de le remblayer. Pierre Gaveau, chargé d’enlèvement des boues et immon­dices et du nettoyage des rues du bourg déversait, avec son tombereau, les boues afin de compacter et agglomérer ces casseaux et l’employé communal chargé de les réduire était à l’époque appellé « Le Casseux ».
Après le déclin du fonctionnement du lavoir et sa fermeture, voyons la suite de l’histoire de ce lieu que les courchois connaissent bien sous le nom de camping du casseux.

Le Camping
Concernant l’installation d’un camping, nous n’avons trouvé aucune délibération. Seul un courrier de la mairie du 1er août 1963, adressé à la préfecture, fait état du « Terrain de camping du casseux : classé en 4e catégorie, offrant un séjour gratuit, avec une capacité maximum de 12 installations pour 36 cam­peurs. L’équipement sanitaire situé dans un bloc, rue de Saint-Aignan, comprenait : un WC avec chasse d’eau, des urinoirs, l’eau potable, à proximité du lavoir ».
Le Casseux à Cour-ChevernyCette description peut fait sourire. C’était ce que l’on appellerait aujourd’hui « une aire naturelle de camping » et, en cela, Cour- Cheverny était peut-être précurseur (terrain situé en centre bourg, avec des commerces de proximité, dans un cadre bucolique, calme et agréable).
Dans une délibération de novembre 1974, le conseil municipal propose la plantation d’arbres en différents lieux de la commune, en particulier « à l’espace vert du casseux ». Ce terrain, situé en bordure de rivière était, en effet, planté d’acacias qui, rendus dangereux par leur grand âge, avaient dû être abattus.



Une péripétie !
En 1975, il avait été demandé à M. Amiot, l’architecte habituellement sollicité par la com­mune, d’établir un projet de construction d’un camping à La Borderie, mais les différentes commissions ayant souhaité que le terrain de camping reste au « Casseux », le projet avait été abandonné !

Le pont du casseux
Début 1975, il est demandé au Syndicat inter­communal du Beuvron Centre-Aval, s’il est possible, dans le cadre des travaux de curage de la rivière « Le Conon », de refaire le pont du casseux, en le remplaçant par un pont cadre de 4 mètres de chaussée, permettant un accès plus facile au camping municipal. La commune donne son accord. Le Syndicat intercommunal du Beuvron Centre-Aval en sera le maître d’ouvrage.
Le Casseux à Cour-ChevernyL’entreprise Chognot est chargée des travaux.
Un an plus tard, par délibération du conseil municipal du 26 février 1976, les travaux neufs des chemins ruraux sont programmés, en particulier ceux du chemin rural dit « du casseux », comprenant l’élargissement, la pose de bordures béton, l’aménagement d’un parking et de la voie intérieure du camping, après déplacement d’un support EDF.
Cette voie permet de nos jours de relier agréa­blement la route de Fougères, le lotissement de La Borderie et la rue Félix Faure à la rue de Saint-Aignan aujourd’hui dénommée ruelle Saint-Aignan.

Agrandir le terrain de camping ?
En octobre 1975, le maire rend compte de pourparlers avec le Groupement forestier de Cheverny (château de Cheverny), proprié­taire du terrain nécessaire à l’agrandissement du camping du casseux. Ce projet restera momentanément sans suite.
À ce même conseil d’octobre 1975, le maire informe de la création d’un Fonds d’équipe­ment des collectivités locales permettant, par anticipation sur 1976, de répartir entre les collectivités et organismes bénéficiaires, un milliard de francs. La somme attribuée à ce titre à la commune de Cour-Cheverny s’élè­vant à 34 160 francs.
La commune peut prétendre à un emprunt de 35 000 francs à 15 ans et au taux de 9,25 % auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations. Elle dispose ainsi d’un cré­dit total de 69 160 francs pour des travaux d’équipement, cette affectation étant la seule restriction.
La Commission des travaux, souhaite que ces crédits soient utilisés pour l’équipement du terrain de camping du casseux en priorité (et éventuellement pour l’aménagement du logement de l’ex gare). Considérant que le tourisme est une des principales ressources de la commune et que le terrain de camping, très sollicité, ne comporte pas d’équipements sanitaires, le conseil décide de contracter l’emprunt de 35 000 francs dans les conditions exposées et il est demandé à la S.I.C.A.H.R, rue d’Auvergne à Blois, d’établir un dossier d’aménagement détaillé pour équiper le ter­rain de camping d’un bloc sanitaire et d’une installation d’éclairage.
En février 1976, la commission de travaux examine les offres des entreprises de Cour- Cheverny et Cheverny et le maire signe les marchés de gré à gré.
À nouveau, lors du conseil municipal de sep­tembre 1990, le projet d’agrandissement du camping, en négociation amiable, est soulevé.
En janvier 1991, le conseil municipal décide d’acquérir une parcelle appartenant au Groupement Forestier de Cheverny. En vue de cet agrandissement du camping du cas­seux, divers aménagements sont prévus par la D.D.E (Direction départementale de l’Équi­pement) :
une voie de liaison entre le camping et l’extension projetée ;
la création d’un sanitaire et la restauration de celui existant ;
la plantation de végétaux pour agrémenter les abords des emplacements et la desserte des divers réseaux EDF, AEP, éclairage public.
Ces travaux sont réalisables au 3e trimestre 1992.
Mais lors d’une réunion du Conseil du 17 juillet 1992, M. de Sigalas, représentant le Groupement Forestier de Cheverny et proprié­taire de la parcelle, ne désire plus vendre à la commune. Une solution est trouvée avec un bail de longue durée.

Le Syndicat d’Initiative et le camping
Fin décembre 1976, le Syndicat d’Initiative (SI), par l’intermédiaire de M. Géniès, 2e adjoint, et membre du SI de Cour-Cheverny, expose qu’il dispose d’un local communal dans lequel la permanence assurée jusqu’en 1975 à titre bénévole, ne sera plus possible. L’activité du Syndicat d’Initiative nécessitant une permanence tenue régulièrement et un secrétariat efficace, celui-ci propose donc de recruter une personne qui assurera également la gestion du camping pour le compte du SI.
Le Conseil municipal, considérant l’intérêt que représente le Syndicat d’Initiative, accorde la garantie de la commune pour contracter un emprunt, assurer et financer cette nouvelle mission.

Convention pour la gestion du terrain du camping
Le conseil municipal décide, à l’unanimité, de donner la gestion du camping du cas­seux au Syndicat d’Initiative de Cheverny/ Cour-Cheverny et autorise le 21 mai 1976, la signature par le maire Jean Grateau d’une convention avec M. de La Salle, vice-président du Syndicat d’Initiative de Cheverny/Cour-15
Cheverny, aux termes de laquelle « Il est convenu que :
La municipalité de Cour-Cheverny met à dis­position du S.I. le terrain de camping au lieu-dit « Le Casseux » en vue de sa gestion pour la pratique du camping », selon des conditions définies.
Le Syndicat d’Initiative de Cour-Cheverny assure la gestion du camping du casseux jusqu’en 2002. À partir de cette époque, des difficultés interviennent qui vont modifier la situation.
Le marquis de Vibraye, président de l’Office de Tourisme de Cour-Cheverny/Cheverny, écrit au maire de Cour-Cheverny, le 23 janvier 2002, pour « évoquer l’avenir du camping municipal du casseux » et l’informer qu’il n’est « plus possible d’en assurer la gestion » suite au décès de Jean-Pierre Vaillier, « qui a porté un premier coup très dur à notre organisation puisqu’il intervenait et veillait à la perfection au bon fonctionnement du camping.
Nous avons ensuite pensé nous en relever partiellement, grâce à l’intervention de M. Géniès qui nous avait mis en relation avec Mme Letellier, gérante du Café de Paris, à Cour-Cheverny. Cette dernière, forte d’une convention signée avec l’Office de Tourisme, a assumé le fonctionnement du camping pen­dant quelques mois. Malheureusement, des raisons personnelles l’ont obligée à arrêter.
Le camping est resté ouvert au public la saison passée grâce au courage, à la dis­ponibilité et à l’abnégation de MM. Morat et Durant. Mais, dans ce domaine, le bénévolat a atteint ses limites et il n’est pas possible de considérer une nouvelle saison d’ouverture du camping dans ces conditions ».
Par délibération du 5 mars 2002, la commune reprend à sa charge le fonctionnement du camping, qui sera ouvert du 15 juin au 30 septembre 2002.
Grâce aux moyens mis en oeuvre, à son emplacement en bordure de rivière et au cent /2017/04/Camping-Le-Casseux-Cour-Cheverny.html re du village, avec un accès direct aux commerces, sa situation très favorable pour la visite des châteaux de la Loire, on pouvait penser que le camping fonctionnerait correc­tement. Cependant, les conditions écono­miques, les habitudes des touristes Français comme étrangers changeant, le bilan devint déficitaire, à partir de 2008.
Lors d’une réunion du Conseil municipal du 20 juin 2014, Le maire indique que le camping « Le Casseux » restera fermé pour la saison 2014 et, de fait, il n’a plus été exploité depuis.
Le 20 septembre 2015 a été organisé à cet endroit le premier pique-nique communal qui a regroupé un nombre important d’habitants qui ont profité d’un dimanche d’été ensoleillé et très convivial pour partager un moment agréable ensemble… Cette opération a été renouvelée en 2016.
Au quotidien, les habitants de La Borderie et de la route de Fougères le traversent à pied pour accéder aux commerces.

Françoise Berrué

Sources :
Délibérations des Conseils municipaux
de Cour-Cheverny.

Registres de 1963 à 2016.

La Grenouille n° 35 - Avril 2017

Entreprise Huillet et le Domaine de "La Favorite" à Cour-Cheverny

Le château de « La Favorite », situé rue Nationale, à l’entrée du village de Cour-Cheverny (en venant de Blois), a été construit à la demande de M. Lorelly en 1865. Il était destiné à abriter une « personne préférée »...

Jusqu’en 1917, il a appartenu au vicomte d’Ouvrier, qui avait pour épouse une dame Lecerf. En juin 1918, les époux Jean-Baptiste Huillet et Jeanne, Louise, Henriette Jussaume, ont acheté la gentilhommière. Ils en ont amélioré le confort en faisant installer l’électricité en 1922 et creuser un puits en 1926. Le chauffage central et l’eau courante ont été installés en 1931. La grande cheminée de bois sculpté de la salle à manger provient du château de Sérigny.
Le domaine était agrémenté à l’époque par un cours de tennis, un potager, une roseraie et un verger, entre la route nationale et la rivière (à l’emplacement de la Maison de retraite actuelle).


Jean-Baptiste Huillet, puisatier à Cour-Cheverny
Jean-Baptiste Huillet, puisatier à Cour-Cheverny
À partir de 1918, le château de La Favorite a été habité par madame veuve Adèle Jussaume, mère de Jeanne Huillet. De 1918 à 1930, la famille Huillet venait de Paris, passer chaque week-end à La Favorite : Paris/ Blois et Blois/Cour-Cheverny par le train. Un employé venait chercher en voiture à cheval la famille à la gare de Cour-Cheverny en emprun­tant un chemin de terre (la rue du 8 mai aujourd’hui), et la déposait face à la grande grille du château.
Jean-Baptiste Huillet avait créé une entre­prise de forage et assurait divers tra­vaux concernant le captage des eaux à Charenton le Pont (département de la Seine à l’époque, devenu le Val de Marne). Il transféra son entreprise à Cour-Cheverny en 1931.
L’activité de l’entreprise était ainsi libellée : « Puits filtrants, puits pro­fonds, captages, travaux d’eau ». Plus simplement, on parlait du métier de puisatier.

Entreprise de Forage Huillet à Cour-ChevernyLe siège de l’entreprise Huillet et les bureaux étaient situés dans le châ­teau. Le gros matériel était entreposé sur un terrain en face, de l’autre côté de la route, près des ateliers. Le closier, qui entretenait les jardins, habitait une maison à l’angle de la rue du 8 mai et de la rue Nationale.
En 1945, Jean-Baptiste Huillet associa ses fils à l’affaire (Jean-Baptiste, Georges, André, Pierre et Louis). Son fils aîné (Jean-Baptiste), en prit la direction jusqu’à son décès en 1950 à l’âge de 49 ans. Robert Doumeng, époux de Georgette Huillet, assura alors la direction.
Jean-Baptiste Huillet, puisatier à Cour-Cheverny
Jean-Baptiste Huillet sur un chantier de forage
Suite au décès de Mme Huillet en avril 1962, le domaine de La Favorite a été vendu l’année suivante à la commune de Cour-Cheverny. Son maire, Fernand Brunet, avait pour projet de créer une Maison de retraite. Ainsi, La Favorite a été transformée en Maison de retraite en 1968/69.
L’entreprise Huillet s’est délocalisée dans plu­sieurs régions : Tours (37), Labbeville (95), Saint- Moreau (77) Montlivault (41).

Violette Rousvoal et Sylvie Edighoffer (nées Huillet).

La Grenouille n°35 - Avril 2017
Scaphandrier - Entrepsie Huillet à Cour-Cheverny
La tenue de scaphandrier était de mise pour
explorer les rivières en vue du captage des sources