L'élection du premier maire de Cheverny

La Grenouille me dit un jour : tu as expli­qué l’origine des noms de Cheverny et Cour-Cheverny, mais pour compléter l’his­toire de nos villages, j’aimerais que tu me parles de la constitution des communes et des élections des maires et conseillers municipaux. Je crois que cela faisait suite à la Révolution française de 1789 ?

Le sujet méritant en effet d’être traité, je fis part à la Grenouille du résultat de mes recherches.

Remontons dans le temps
Contrairement aux idées reçues, la commune représente un degré institutionnel dont les racines sont anciennes.
Sans remonter plus avant, nous savons que chaque province gallo-romaine était divisée en plusieurs cités, elles-mêmes divisées en pays (Pagi) correspondant à plusieurs can­tons ruraux actuels. Chaque pays était divisé en parties (partes) correspondant en gros à nos communes.
C‘est cette structure de base, sous des appel­lations différentes, que nous retrouvons au XVIIIe s. avec les décrets de Louis XVI puis, ensuite, avec la Révolution française qui donne aux communes un statut identique sur tout le territoire du royaume.

La commune sous l’ancien régime
Le terme « paroisse » désignait la plus petite circonscription administrative et se confondait avec le territoire dans lequel, selon le Littré, « un curé dirige le spirituel ».
Les Assemblées municipales ont été dotées d’un statut, en France, avant la Révolution. C’est pour tenter de sortir son royaume du marasme économique que Louis XVI crée, le 22 juin 1787, l’Assemblée provinciale, can­tonale ou de district et municipale (ou de communauté) à l’échelon de la paroisse pour ces dernières.
L’article quatre de l’édit du 22 juin 1787 prévoit que :
« La présidence desdites assemblées et com­missions intermédiaires sera toujours confiée à un membre du clergé ou de la noblesse. Elle ne pourra jamais être perpétuelle... »

Le banc de la Marelle (1)
à l’église de Cheverny
De fait, pour Cheverny, le document le plus ancien dont nous disposons se trouve aux archives départementales. Il est intitulé « Registre pour servir aux délibérations de l’assemblée municipale de la paroisse de Cheverny pendant l’année 1788 ».
La première délibération, datée du 7 sep­tembre 1788 et figurant sur ce registre, concerne la nomination de trois adjoints. Il y avait eu précédemment des délibérations pour élire le président (appelé syndic) et les notables de l’assemblée municipale, mais nous n’avons pas trouvé de documents plus anciens.
Ce document du 7 septembre 1788 est rédigé de la façon suivante :
« Aujourd’hui dimanche 7 septembre nous Prieur curé syndic notables et paroissiens de la paroisse de Cheverny nous sommes assemblés au banc de la Marelle (1) en conformité de la lettre à nous adressée par Messieurs les députés composant le bureau intermédiaire de Blois et Romorantin en date du trois du présent mois… à quoi ayant procédé il s’est trouvé que la pluralité des voix a nommé pour adjoints de la présente année les personnes de Jean Moreau, labou­reur, Toussaint, charbonnier et Pierre Louis Nicolas, serrurier. De laquelle nomination avons donné acte aux habitants comparant à laquelle assemblée ... »
Suivent le nom des habitants de la paroisse présents et ayant voté…
L’Assemblée municipale de la paroisse com­portait des membres de droit : le seigneur et le curé de la paroisse. Le syndic était le président de l’assemblée élue au suffrage direct et composée de conseillers en nombre variable selon la population. Le corps électo­ral était constitué de tous les citoyens mâles majeurs de 25 ans, payant au moins 10 livres d’impôts. (2)
La Révolution française : les premières Assemblées municipales de 1790
La loi du 14 décembre 1789 est considérée comme la loi fondatrice des conseils muni­cipaux actuels. Il s ‘agit d’une instruction de l’Assemblée nationale pour la formation des nouvelles municipalités dans toute l’étendue du royaume. En préambule de cette instruc­tion, l’Assemblée nationale avait décrété, le 12 novembre précédent, qu’il y aurait une muni­cipalité dans chaque ville, bourg, paroisse ou communauté de campagne.
Présidée par un maire élu au suffrage direct, elle était composée d’officiers municipaux qui jouaient sensiblement le rôle de nos adjoints actuels (élus également au suffrage direct), de notables (équivalent de nos conseillers municipaux actuels) et d’un procureur de la commune. Après quelques modifications, notamment par la constitution de l’an III et la constitution du 22 frimaire de l’an huit qui instaure le consulat, le conseil municipal, réta­bli par la monarchie, retrouve son ancienne forme en juin 1815 après l’abdication de Napoléon.

Les premières élections du maire et des conseillers municipaux de la commune de Cheverny :
C’est en exécution du décret de l’Assemblée nationale du 14 décembre 1789 dûment affi­ché, comme l’atteste le procès verbal en date du 3 février 1790, que se déroule la première élection du maire et des conseillers munici­paux ainsi que celle du procureur.
« Aujourd’hui mercredi troisième jour du mois de février 8 h du matin. En exécution du décret de l’Assemblée Nationale du 14 décembre dernier... envoyé à la municipalité de Cheverny, dûment registré dans le registre de ladite municipalité et affiché et en vertu de la convocation faite au prone (3) de la messe paroissiale le dimanche 24 janvier dernier.
Sont comparus en l’église paroissiale de Cheverny et au son de la cloche en la manière accoutumée après le service de la messe du Saint Esprit qui a été célébrée par Monsieur le Prieur de la dite paroisse, ledit sieur Prieur de Cheverny... »
Le banc de la Marelle (1)
à l’église de Cheverny.11
Suivent les noms des 123 habitants de la paroisse présents et ayant voté.

La nomination du maire et les élections
« Pour la conduite des opérations, il est tout d’abord procédé à la nomination d’un président, le Prieur curé de la paroisse, d’un secrétaire, Joseph Beaubier et de trois scru­tateurs [ci-après nommés]. Puis, étant donné que les trois quarts des habitants ne savent point écrire, il a été décidé unanimement qu’il serait établi trois bureaux dont deux pour écrire les scrutins de ceux qui ne peuvent le faire et lecture pour vérifier les dits billets. Il a ensuite été procédé à la déposition desdits scrutins dans une boîte destinée à cet usage. Il a été procédé à l’ouverture de la dite boîte par Joseph Guibert père, Pierre Louis Nicolas et le sieur Damien Dupuy comme plus ancien d’âge, lesquels ont compté ouvert et déployé les dits scrutins… Il a été procédé à la nomina­tion du maire par lesquels a été élu Monsieur Jacques Firmin Gouttière, Prieur curé de paroisse à la pluralité absolue des voix savoir 97 voix sur 123. »
Le procès-verbal précise ensuite que, la séance s’étant terminée à midi, elle a repris à 14 h afin de procéder à l’élection des officiers municipaux par scrutin de liste - liste double.
Ce n’est que le lendemain, après avoir scellé et déposé la veille la boîte contenant les bul­letins dans la sacristie, que le dépouillement pour désigner les quatre officiers municipaux est effectué (79 électeurs). Enfin, ce n’est que le surlendemain (« cinquième jour suivant... ») qu’il est procédé dans la matinée à l’élection du procureur et dans l’après-midi à l’élection des 12 notables devant compléter le conseil municipal.
Si les métiers des quatre officiers municipaux ne sont pas mentionnés dans le procès-verbal de cette élection, ceux de chacun des 12 notables élus le sont, ce qui nous apprend qu’ont été élus six vignerons, deux « huillié », deux tonneliers, un laboureur et un serrurier.
Cette première élection aura donc duré trois journées.
Il convient de préciser, pour être com­plet, que le Prieur curé Jacques Firmin Gouttière était le syndic de l’ancienne assemblée élue.

(1) Le banc de de la marelle était aménagé dans les églises des XVIe au XVIIIe siècles dans un espace situé en face de la chaire.
La marelle est l’autre nom donné à la Fabrique, conseil formé de paroissiens chargés de gérer les biens et les revenus de la paroisse et de l’entretien de l’église.
(2) Source : J.-C. Dumort historien : www loire beauce encyclopedia.fr - Autre source : L’administration provin­ciale et communale en France et en Europe 1785-1870 - Alexandre Hesse - 1976

(3) Prone : Instruction qu’un prêtre fait le dimanche à la messe paroissiale.

Le Héron - La Grenouille n°37 - octobre 2017



L'église Saint-Etienne de Cheverny

L’histoire de la construction et les aména­gements successifs
L’église de Cour-Cheverny était vraisembla­blement, à l’origine, une église de monas­tère construite par les moines réguliers de l’abbaye de Bourgmoyen de Blois (diocèse de Chartres) au XIIe s. (lire les développements sur l’implantation de ces moines réguliers et la construction de l’église dans le numéro 35 d’avril dernier).

L'église Saint-Etienne 
L'église Saint-Etienne 















Le caquetoire

















Qu’en est-il de l’église Saint-Étienne de Cheverny ?
L’église actuelle a été, elle aussi, construite à partir du XIIe siècle, époque à laquelle elle est rattachée à l’abbaye de Bourgmoyen de Blois (1).

Nous savons, par les historiens, que la pre­mière mention connue concernant le bourg de Cheverny remonte au VIe s. : « Condida (cité) cabrinacencis » (1). À l’époque carolingienne, la Gaule était divisée administrativement en Pagus (ou comtés), condida (cité) ou vicaria (plus tard viguerie) et villa. Fréderic Lesueur nous indique que Cheverny était le chef-lieu d’une vicaria carolingienne (2). J-F Niermeyer (3) donne aussi à vicaria un autre sens : celui de vicaire ecclésiastique. De fait, à partir du milieu du Xe siècle, les circonscriptions ecclé­siastiques (paroisses) sont occasionnellement utilisées pour localiser la viguerie (devenue circonscription judiciaire au Moyen-âge) et la villa. À partir de la seconde moitié du XIe siècle, le diocèse va désormais se substituer définitivement au pagus et au comté comme référent géographique et les lieux vont être localisés uniquement par rapport à leur dio­cèse d’appartenance.

L’église a été construite sur l’emplacement d’une église préromane
Ces développements historiques nous per­mettent ainsi de comprendre que l’église actuelle (qui a par la suite subi de nom­breuses transformations) a été construite au XIIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne église préromane : la maçonnerie de la base du clocher et surtout une petite baie bouchée bien visible en partie ouest de la façade nord apparaissent, en effet, comme les restes de constructions préromanes. Le portail est, lui, du XIIe siècle, en plein cintre, orné de dents de scie, de chevrons et d’un tore (4). La tour du clocher semble être elle aussi de la même époque, du moins dans sa première partie. À l’origine, la plupart des églises ne comportaient qu’une nef dont la voûte était en torchis avec entraits et poinçons de charpente apparents.
C’est au XVIe siècle, alors que les bourgs se développent autour des villes royales, (en l’occurrence Blois) et que le nombre de parois­siens augmente, que de nombreuses églises sont transformées et agrandies.

Les transformations et agrandissements du XVIs.
À Cheverny, les travaux sont importants : le chevet plat, les deux travées de voûtes du choeur, le bas-côté sud et ses baies et, (ce qui fait la particularité de l’église) la galerie exté­rieure en bois (que l’on nomme caquetoire) à l’ouest et retour au sud. Pour la couverture, les travaux sont ainsi décrits : « La pente du toit, fortement accentuée sur la nef recouvre une voûte en plein cintre de forme ovoïde faite de lattes et mortier d’argile mêlé de poil de vache et d’un peu de chaux avec finition à la chaux blanche... ». Idem pour le bas-côté (la voûte d’origine de la nef a donc été reprise : voir photos et croquis ci-contre).
C’est aussi à cette époque qu’une chapelle seigneuriale est aménagée sur le côté sud du choeur, à l’emplacement de l’actuelle sacristie. Lors de la Révolution française, la Convention ordonne, en mai 1792, la destruction systéma­tique de tous les symboles de l’ancien régime et c’est en 1793 que la chapelle seigneuriale de Cheverny est détruite, les plaques funé­raires et les tombes brisées et les ossements dispersés.
Ce n’est qu’en 1825, après le retour du châ­teau dans la famille, que Anne-Victor Hurault rassemble les morceaux épars des plaques funéraires et les fait disposer autour de la chapelle de la Vierge où ils se trouvent encore actuellement (à droite du choeur, sur le bas-côté ouest).

Les transformations du XIXs.
C’est au XIXe siècle que les voûtes en torchis et la charpente apparente de la nef et du bas-côté ouest sont cachées par des voûtes d’ogives et briquettes, hourdées au plâtre et recouvertes d’un enduit décoré d’un faux appareil. Les appuis des baies du XVIe s. sont remontés. C’est ce que nous pouvons voir aujourd’hui.

Les gros travaux de réfection et de conso­lidation de la nef
Dans les derniers mois du XIXe siècle, de gros travaux apparaissent nécessaires. Ils concernent le mur est et la toiture de la nef. Sur proposition du Conseil de Fabrique qui indique pouvoir en assurer le financement (6461,08 francs), un avis favorable est donné par une délibération du Conseil municipal de la commune du 25 décembre 1898. Les entreprises étant choisies par adjudication au « moins disant », le bureau des Marguilliers (Conseil de Fabrique) adjuge (PV d’adjudi­cation du 23 juillet 1899) le lot maçonnerie au sieur Guignebert de Cour-Cheverny, le lot charpente au sieur Guérin de Blois et le lot plâtrerie au sieur Duru de Cour-Cheverny. Les travaux sont effectués dans les premières années du XXe s.

La réfection du clocher
Parmi les derniers grands travaux effectués sur l’église figurent la réfection de la charpente et le remplacement des ardoises du clocher.
C’est en novembre 1976 et au début de l’année 1977 que les travaux sont effectués.
Malgré la subvention de 25 % des Monuments de France et la collaboration du Conseil général, la moitié du coût des travaux restait à trouver. La commune, dont le maire était à l’époque Louis Pezé, ne pouvant pas assu­mer le reste de la dépense, la solution vint du marquis Philippe de Vibraye, propriétaire du château de Cheverny, qui insista pour que les travaux soient réalisés et proposa de couvrir personnellement la partie de la dépense qui restait à la charge de la munici­palité. Malheureusement, le marquis Philippe de Vibraye, décédé le 26 juin 1976, quelques mois avant le début des travaux, ne verra pas le clocher restauré.
Sur le montant total du devis (103 000 F.), les entreprises consentirent des remises impor­tantes et la participation du château sera versée intégralement par Madame de Vibraye. Cela permit de fixer un paratonnerre au som­met de la flèche.(5)
Croquis église de Cheverny

Les combles au-dessus de la voûte du XVIe siècle

À suivre : une seconde partie sera consacrée à l’intérieur de l’édifice.

(1) J. M. Cassagne : origine des noms de villes et de villages.
(2) Docteur Frédéric Lesueur : les églises de Loir-et-cher – Archives départementales.
(3) J. F. Niermeyer : Mediae latinitatis lexicon minus...
(4) Moulure épaisse de forme semi cylindrique.
(5) Archives Nouvelle république du Centre Ouest 1977

Le Héron - La Grenouille n°37 - Octobre 2017


L'entrée de l'église par le caquetoire
L'entrée principale de l'église de Cheverny

La construction du Monument aux morts de Cour-Cheverny

La commune de Cour-Cheverny, comme beaucoup d’autres, a payé un lourd tribut à la Première guerre mondiale et nombre de ses jeunes appelés au front n’en sont pas revenus.
En novembre 1921, le maire, Gustave Brinon, présente au Conseil municipal, des propo­sitions « pour l’érection du Monument aux morts pour la Patrie ». Pierre Feitu, sculpteur, médailleur et orfèvre, s’est déplacé de Paris pour soumettre au Conseil, en fin de séance, la maquette du monument qu’il propose de réaliser et d’édifier à Cour-Cheverny.



Février 1922
Le maire informe le Conseil qu’un Comité exécutif concernant le Monument aux morts pour la Patrie vient d’être constitué. Ce Comité mixte est composé de cinq membres du Conseil municipal : messieurs Gustave Brinon (président), Laurenceau (trésorier), Blanchon (secrétaire), Venot, et Henri Cazin (asses­seurs). Ce Comité a pour mission :
- de traiter toutes les questions relatives à l’érection du monument qui sera placé sur l’emplacement actuel de l’ancienne usine à gaz, dont le terrain est propriété communale ;
- de régler les rapports, de trancher les litiges et tous les différends qui pourraient se produire, soit avec le sculpteur, Pierre Feitu, chargé de la partie artistique, soit avec l’archi­tecte parisien Julien de Puthod, désigné pour la conduite les travaux ;
- de s’occuper de la gestion des fonds pro­venant des dons, quêtes et souscriptions recueillis jusqu’au jour où le total en sera arrêté définitivement.
Le jour de l’inauguration, la remise solennelle du monument sera faite à la commune par les membres du Comité, étant bien entendu que ce monument restera à perpétuité la pro­priété de la commune de Cour-Cheverny à qui incombera le soin de veiller à son entretien et à sa bonne conservation.

Juillet 1922
Le maire fait part des difficultés résultant de l’occupation actuelle des deux bâtiments res­tant de l’usine à gaz (1) par un locataire et un sous-locataire. Ces bâtiments, d’une solidité relative, nécessitent annuellement des frais de réparations et d’entretien bien supérieurs à la valeur du loyer. D’autre part, le Conseil ayant décidé de faire ériger sur cette place le Monument aux morts pour la Patrie, il importe que les locaux habités en ce moment, deviennent libres d’ici un an, pour effectuer les dégagements nécessaires. Le Conseil décide d’adresser au locataire un courrier recommandé pour le prévenir de rendre libres de toute servitude, pour le 24 juin 1923, les deux pavillons et hangar occupés par lui et le sous-locataire.
Le maire présente le descriptif et le devis esti­matif reçus du sculpteur Pierre Feitu pour un prix forfaitaire de 28 000 francs.
La statue en bronze est une « Gallix » cas­quée, avec épée, dont l’original a été fait d’après nature, pour Cour-Cheverny. Cette oeuvre ne sera pas reproduite ailleurs : elle sera unique.
Le monument comporte trois marches en pierre dure du pays, extraites des carrières de Thenay. Il sera réalisé en pierres de Lavoux (Vienne), avec des sculptures décoratives.

Les ressources qui serviront à financer l’opération
Elles sont issues de la collecte recueillie par le Comité du monument : le produit des quêtes faites dans la commune de Cour-Cheverny par M.M. les Conseillers, les dons adressés direc­tement au trésorier, les offrandes de diverses sociétés, notamment les Anciens combattants provenant de concerts, les recettes d’une cavalcade organisée par une société locale le 23 mars 1923, auxquelles s’ajoutent les sommes votées par la commune sur le budget de 1921.
Les membres du Conseil donnent leur appro­bation unanime à l’érection de ce monument, et accordent les pleins pouvoirs à M. le maire pour mener à bien cette oeuvre patriotique, en communauté d’action avec les membres du Comité constitué dans ce but et autorisent M. le maire à conclure le marché de gré à gré avec M. Feitu.

Août 1922
Le devis des travaux nécessités pour les fon­dations du monument, fourni par l’entreprise de maçonnerie Guignebert de Cour-Cheverny, est approuvé.
Le maire informe que le déblaiement suite à la démolition des bâtiments d’habitation est commencé. En outre, une proposition d’achat est faite à M. Beaugendre, habitant Contres, pour un bâtiment vétuste situé à l’angle de la rue Barberet et du boulevard Carnot, pour la somme de 8 000 francs, proche de l’empla­cement du monument. Ce bâtiment est un hangar sans habitation servant de dépôt d’en­grais. « Cette acquisition permettrait de facili­ter la circulation à l’angle de ces deux rues et éviterait de nouveaux accidents. » Il propose également l’aménagement d’une place sur l’emplacement de l’ancienne usine à gaz.
Mais M. Beaugendre fait savoir que son dernier prix est de 14 000 francs. L’achat des bâtiments est voté à bulletins secrets par le Conseil municipal. Les fonds sont pris sur le budget additionnel de 1923.

Mai 1923
Un décret d’utilité publique est signé. Les fonds sont disponibles et l’adjudication de démolition est approuvée par le préfet en juillet 1923 pour le hangar-bâtiment de l’usine à gaz.
Initialement, lors de la réunion du Conseil municipal de mai 1923, il avait été décidé que la démolition du hangar existant entre les deux pavillons d’habitation de l’ancienne usine à gaz, serait réalisée par les cantonniers communaux. Mais, devant l’inexpérience de ces employés pour de tels travaux et par conséquence la longueur de temps néces­saire, le maire sollicite du Conseil l’autorisa­tion d’employer les artisans adjudicataires de la démolition du bâtiment Beaugendre, en cours de démolition, et spécialistes de ce type de travaux. Il prévient qu’il faut néanmoins envisager que les pavillons d’habitation qui vont rester à l‘ancienne usine à gaz, vont être demandés par des personnes cherchant à se loger. Le Conseil accepte donc de louer les deux pavillons.
Les moëllons issus de la démolition sont ven­dus pour renforcer le prolongement du chemin de la Roncinière aux Gath, à la demande de propriétaires riverains.

Février 1924,
Le maire fait le point sur les travaux restant à faire au Monument aux morts. Il obtient du Conseil l’autorisation de passer des marchés de gré à gré afin de les terminer rapidement. Interviennent alors :
- M. Bernard, paysagiste de Vendôme chargé de l’ornementation autour du monument ;
- Léon Warga et René Pichon, marbriers à Blois, fournisseur des plaques de marbre sur lesquelles seront gravés les 74 noms des jeunes courchois morts pour la France ;
- M. Quéru, serrurier-mécanicien à Cour- Cheverny pour la founiture et la pose des grilles qui doivent refermer le jardin autour du monument.
Ces dépenses seront prises sur le budget additionnel de 1923 et sur le budget de 1924.
Les plantations sont réalisées au printemps 1924.

Juin 1924
Une demande de location est faite par une veuve de Cour-Cheverny. Mais le Conseil est d’avis que le pavillon soit loué à un jar­dinier-gardien pour entretenir les plantations existantes et veiller à ce que le monument et son entourage ne soient pas endommagés par des gens mal intentionnés. Le logement serait alors mis à disposition à titre gracieux.

L’inauguration du monument est fixée au dimanche 27 juillet 1924
Le programme se déroule comme suit :
- 10 h : service solennel pour les morts ;
- 15 h : réception des autorités, inauguration du bas-relief installé dans la salle Paul Renouard, (la salle de réunion du Conseil au 1er étage) ; formation des sociétés.
- 16 h : départ pour le monument, enlèvement du voile, exécution de la Marseillaise par la fanfare, discours du maire, chants par les enfants des écoles, Marche funèbre par la fanfare, discours des autorités, défilé devant le monument, vin d’honneur à la salle des fêtes (le rez-de-chaussée de la mairie).
- Les réjouissances sont interdites pendant l’inauguration du monument, les bals ne seront tolérés qu’à partir de 22 h.
- Le maire fait appel à la bonne volonté des membres de la Commission des fêtes pour s’occuper de l’ornementation des principales voies du pays et l’aider dans la tâche qui lui incombe pour que les étrangers emportent, une fois de plus, un bon souvenir de Cour- Cheverny.
Des invitations seront envoyées à toutes les autorités du département ainsi qu’il est d’usage dans des circonstances identiques.

5 novembre 1924
Le Conseil décide de baptiser le square du monument « Square du souvenir » et le parc du bois du presbytère « Parc du 11 novembre ».
Il est décidé aussi de célébrer chaque année la date du 11 novembre suivant un rituel établi :
- la veille, au réveil, à midi et le soir, on fait sonner les cloches de l’église et on tire des salves d’artillerie ;
- le 11 novembre : à partir de 14 h, réunion des sociétés, puis Revue des pompiers et défilé pour se rendre au Monument.
Participent au défilé, les enfants des écoles, le Conseil municipal escorté par la subdivi­sion des Sapeurs-pompiers, les vétérans des armées de Terre et de Mer, et les Anciens combattants de la Grande guerre accompa­gnés par les tambours et les clairons de la Lyre de Cour-Cheverny.
À l’aller, on passe par l’avenue de la République, la rue Nationale (2) et la rue Barberet avant de marquer un arrêt au Monument aux morts pour y déposer des gerbes de fleurs.
Puis on revient par l’avenue Carnot, la rue Augustin Thierry, la rue Nationale et l’avenue de la République jusqu’à la salle des fêtes où est servi un vin d’honneur. Une Retraite aux flambeaux, en soirée, clôture la journée.
On observera que l’itinéraire est inchangé depuis cette date, excepté que, à l’aller, le défilé passe maintenant par la rue Gambetta depuis que la rue Nationale est en sens unique.
Différentes plaques de marbre ont été appo­sées depuis 1924, rappelant les guerres du XXe siècle et allongeant tristement la liste de ceux qui ne sont pas revenus de ces conflits meurtriers : la Seconde Guerre mondiale 1939-1945, les déportés et les F.F.I, l’Algérie.

Particularité du monument de Cour- Cheverny : le topiaire
L’art topiaire consiste à tailler, au moins deux fois par an, les arbres et arbustes, dans un but décoratif ; les variétés sempervirentes (toujours vertes) à petites feuilles et port compact sont les mieux adaptées, comme le buis, l’if, le cyprès. Elles permettent de donner des formes géométriques : boules, cônes, spirales, cubes, trapèzes, ou animalières en utilisant un support métallique.
Cet art est né à l’époque de la Rome antique. Il connaît un essor fulgurant à la Renaissance, dans les jardins à l’anglaise ou à la française, ou dans les villas italiennes. C’est certaine­ment à Versailles que l’on trouve les plus aboutis des jardins de topiaires, mais aussi en Dordogne, aux jardins de Marqueyssac ou à Eyrignac et, plus proche de nous, à Villandry.
Le topiaire de Cour-Cheverny, planté en 1924, compte 15 ifs, taillés avec soin, qui mettent en valeur des silhouettes, toutes différentes. Le choix des ifs pour leur couleur et leur aligne­ment en entonnoir, dirige remarquablement le regard vers le monument en faisant émerger avec élégance et sobriété, la pierre claire du monument et le bronze, verdi par le temps, de la Gallix, sur fond de sapins quasi centenaires.
L’ensemble, monument et topiaire, est par­faitement entretenu et conservé, comme il avait été souhaité lors de sa construction. Son implantation en angle de rues contribue à sa mise en valeur. Le monument fait la fierté de la commune, et nous voyons régulièrement des touristes s’arrêter pour prendre une photo souvenir.
La plaque offerte par le sculpteur Pierre Feitu, a été mise en place dans la salle du Conseil municipal.

Pierre Feitu est né le 1er avril 1868 à Mûr-de-Bretagne (Côtes d’Armor). Sculpteur, médailleur et orfèvre, il débute aux Beaux-Arts en 1899 où son nom figure au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts ainsi qu’au Salon de la Société des Artistes Français.
Il part aux Etats Unis et ouvre un atelier à New-York. Puis il s’établit à Mexico. En 1911, il rentre à Paris. Il décède en 1936.
(1) Nous aurons l’occasion, lors d’un prochain numéro de La Grenouille, d’évoquer l’usine à gaz.
(2) La rue Nationale était alors à double sens.

Recherches, documentation : extraits des délibérations des Conseils municipaux de 1921 à 1926
Article : L’art topiaire, revue « Jardiner » N° 15 du 9/02/2017.

Françoise Berrué - La Grenouille n°37 - Octobre 2017

Quand les avions décollaient de Cour-Cheverny

L’aéro-club du Blésois a été créé le 6 mai 1930, avec pour but de « créer une ému­lation parmi tous ceux qui s’intéressent à l’essor du domaine de l’air ». C’était le premier du département.

Plan de l''aérodrome de Cour-Cheverny - Photo AD41
L’association était présidée par Georges Bégé, fils du comte et de la comtesse Maurice et Jeanne Bégé, propriétaires du Domaine de La Borde qui appartenait à la famille depuis trois générations.
L’aérodrome s’installe sur un terrain à l’est du domaine, en limite du territoire de la com­mune de Cour-Cheverny, le long de la rue des Béliers (Tour-en-Sologne), non loin de la route qui relie Clénord à Tour-en-Sologne. Généralement, les avions décollaient dans le sens sud-nord sur une piste de 400 m de long. Ce terrain est aujourd’hui la propriété de la clinique de La Borde qui s’est installée sur le domaine en 1953.


 Georges Bégé, personnalité locale
Georges Bégé devant son avion - Photo AD41
Gilbert Portier, habitant de Tour-en-Sologne, nous évoque ses souvenirs d’enfance, quand il habitait chez ses parents, dans la fermette qu’ils avaient achetée à la famille Bégé, après avoir été locataires dans une autre ferme du domaine : « M. Bégé est un personnage dont on se souvient ! un homme très grand, qui présentait bien, pas fier, et qui aimait bien le contact avec le voisinage et son personnel ; le domaine de La Borde occupait de nombreux employés, et donnait du travail aux agricul­teurs locaux, notamment pour entretenir et maintenir en très bon état les bois, les cultures ou les étangs et je participais à ces travaux avec mon père. On voyait souvent passer M. Bégé dans ses belles voitures. C’était un bon vivant, toujours prêt à partager de bons moments avec tout le monde et à tirer le gibier avec son fusil à un coup... ».
Georges Bégé obtient le « brevet d’aptitude de pilote d’avions de tourisme » le 9 octobre 1933, avec 10 autres camarades. Notons éga­lement que Georges Bégé, conseiller munici­pal de Cour-Cheverny depuis 1931, occupa la fonction de « conseiller municipal faisant fonction de maire » de 1941 à 1944.

Georges Bégé, deuxième à partir de la droite, à côté 
de l’évêque, lors d’une fête de l’aviation - Photo AD41
L’Aviation Populaire
À cette époque, c’était le début de l’aviation populaire, qui avait pour but de former des jeunes gens au pilotage et à la mécanique en vue de servir de vivier pour l’armée de l’air. La formation intégrait également la connaissance de la météorologie, de la lecture de cartes, et bien d’autres éléments pour maîtriser le pilotage. Certains cours avaient lieu dans des salles du château de La Borde, d’autres au siège de Blois (à une certaine époque, l’asso­ciation aura son siège à Blois, au 3 rue des Juifs). On pratique également à cette époque le vol à voile (avions planeurs).
On cherchait à baisser le prix de l’heure de vol, et les avions possédaient des moteurs de faible puissance. Le « 1er degré » (le brevet était constitué de deux degrés) coûtait environ 2 500 francs, soit 5 mois du salaire moyen d’un employé de bureau.

Le pilotage à Cour-Cheverny
Avec le concours de son ami Raoul Lemeignen, Georges Bégé s’occupe activement de l’aéro-club. Équipé d’un hangar et de plusieurs avions, le club développe une certaine activité à Cour-Cheverny, ponctuée de nombreuses
« fêtes de l’aviation » (on ne parlait pas encore de meetings). C’était l’époque des records de durée, de distance, de vitesse ou d’altitude, ou des concours de précision pour les atter­rissages et pour des lâchers de messages (sac de sable de 200 grammes, lâché à une altitude minima de 50 mètres), et bien sûr des acrobaties (les loopings, ou « boucler la boucle ») et des baptêmes de l’air. De nombreuses manifestations avaient lieu éga­lement à Vineuil, sur le terrain de Pimpeneau. Parallèlement, le club mène également une activité d’aéromodélisme.
L’aviation de tourisme commence à se déve­lopper à cette époque. M. Bégé tentera plu­sieurs fois d’obtenir les autorisations admi­nistratives pour rendre l’aérodrome public, ou « privé agréé », et pouvoir accueillir ainsi des avions en escale, mais en fait l’aérodrome restera privé.
Raymond Mauler ouvre une école de pilotage et devient le chef pilote de l’aéro-club de Cour- Cheverny. Jean Capy lui succéde ensuite à ce poste. Raymond Mauler était un des plus fins pilotes français, ancien de l’Aérospostale (entré en 1921 dans cette compagnie). Avec Maurice Baud, ils furent les premiers français à réaliser en 1928 un raid Paris-Le Cap et retour : 35 000 km en une quarantaine d’étapes, à 120 km/h de moyenne. Ce type de raid n’était pas un voyage touristique : il s’agissait de tester les matériels, repérer les sites d’atterrissage, cartographier certaines zones, etc.
Dans les archives du club, on retrouve parmi les pilotes des noms courchois bien connus : Bégé, Bricaud, Lemaignen, Benoistel, …

De nombreuses célébrités de l’aviation ont fréquenté le terrain de Cour-Cheverny, parmi lesquelles Dieudonné Coste, Henri Farman (pilote et constructeur d’avions) ou encore Maryse Bastié, titulaire de nombreux records (nationaux et mondiaux) de pilotage et connue également pour son activité à la Croix Rouge et son combat pour le droit de vote des femmes en 1936.

L’aéro-club du Loir & Cher possédait plusieurs avions et notamment :
Le Caudron Luciole 140 CV devant  le hangar 
de l'aérodrome de La Borde - Photo AD41
• le Potez 60 F-ANOP, biplace à aile parasol,
• le Caudron Aiglon F-ANVM, biplace à aile basse,
• le Caudron 232 F-AMRY à cabine fermée,
• le Caudron Pelican F-ANKM lui aussi à cabine fermée,
• le Caudron Luciole F-ARLH, un biplace biplan,
• le Salmson Cri-Cri, à aile parasol et moteur en étoile de 60 CV.
Un avion d’occasion coûtait à cette époque environ 25 000 francs.
En 1935, le projet de création d’un aérodrome à Blois (dans le secteur de Villebarou) pro­voque de nombreuses discussions au sein du club, avec même un risque de scission.
Dans un entretien au journal « Loire - Hebdomadaire des bords de Loire » en mai 1936, Georges Bégé précise son aventure :
Le Salmson « Cri-Cri » au démarrage 
à La Borde - Photo AD 41
« Notre club, d’abord aéro-club Blésois, puis ensuite aéro-club du Loir-et-Cher, a été fondé en 1930 par quelques fervents, je dirais même fanatiques de l’aviation. La première année a été entièrement consacrée au recrutement d’adhérents. Nous avons trouvé un engoue­ment au sein de la jeunesse et aussi auprès d’anciens de l’aviation, retrouvant à nos réu­nions l’esprit de camaraderie créé pendant la guerre par l’escadrille. Nous avons organisé, en 1930, un rallye-ballon et une conférence de propagande par notre camarade le colonel Pierre Weiss qui, en des phrases vibrantes, a déclenché, si je puis dire, le mouvement. Depuis ce jour, le nombre d’adhérents n’a fait qu’augmenter ».
Georges Bégé précise dans cet entretien qu’à cette époque, l’aéro-club du Loir-et-Cher compte 1 000 adhérents ! Chiffre étonnant mais, à cette époque, l’aéro-club regroupait sans doute des adhérents pratiquant le pilo­tage, mais aussi des non pilotes qui adhé­raient pour soutenir le club, venant de tout le département et des départements voisins. Le club déployait son activité sur plusieurs aérodromes.
Commentaire du journaliste à propos de l’ins­tallation de l’aérodrome : « Ce que la grande modestie de M. Bégé empêche de dire, c’est que ce terrain de La Borde a été entièrement aménagé, nivelé, drainé, ratissé par ses soins, et je l’en félicite bien sincèrement ici ». Sans doute aussi avec l’aide du personnel du Domaine et les agriculteurs locaux…

Changement d’époque
Vers 1938-1939, l’armée de l’air s’installe au Breuil en créant un nouvel aérodrome, sur la commune de La-Chapelle-Vendômoise. Elle a pour projet d’équiper, à partir de la 19e escadre de bombardement basée à Bordeaux, deux escadres (soit quatre groupes de bom­bardement en piqué) avec le nouvel avion Loire-Nieuport LN-411. Il est prévu qu’elle s’installe à Blois au début de 1940, mais la guerre en décidera autrement...
Durant la guerre de 39/45, les avions du club sont réquisitionnés par l’armée.
À part une timide tentative d’aéromodélisme en 1942, seule activité autorisée par l’occu­pant, l’aéro-club est mis en sommeil à cette époque et l’activité de l’aérodrome de Cour- Cheverny prend fin aux environs de cette date. En 1945/1946, l’aréo-club du Loir-et-Cher s’installe sur le terrain du Breuil et prend le nom de « Air Club Blois Vendôme ». Raymond Mauler reprend ses fonctions de chef pilote au sein du club Blois Vendôme. Quant aux pilotes de La Borde, certains vont rejoindre l’armée de l’air et entamer une formation de pilote, navigateur, mitrailleur ou mécano.
Le 1er juin 1946, Georges Bégé quitte la pré­sidence de l’aéro-club du Loir-et-Cher et M. Lafarge lui succède, puis M. Loiseau en 1948. Le 15 octobre 1949, c’est M. Benoistel, médecin à Cour-Cheverny, qui prend la présidence du club. Georges Bégé a continué à pratiquer le pilotage pour son plaisir et effectué de nombreux voyages touristiques en Europe et au-delà.

Tous ces héros de l’aviation ont écrit une belle page de notre histoire locale…

Sources :
  • Archives de l’Aéro Club Blois-Vendôme.
  • Site internet : aero-passion.pagesperso-orange.fr
  • Archives départementales.
  • Informations et/ou témoignages transmis par Gilles Bégé (fils de Georges), Josiane et Jean-Claude Grateau, Gilbert Portier et Renée Gorisse, que nous remercions vivement.
Le Triton - La Grenouille n° 37 - Octobre 2017